Localisation chantier : Aussurucq, secteur Nabolegi
Date : le dimanche 18 octobre
Ouvriers (res) bénévoles : Céline, Franck, Julien, Darioush, David
TPST : 6h
Donner des ordres j’adore ! J’ai passé mon temps à dire ce qu’il fallait faire mais je n’ai rien fait de ce que j’ai dit qu’il fallait faire, mais je n’en ai que faire ! Il n’est pas dit que l’on me reproche de n’avoir rien fait ni rien dit, du coup j’ai laissé faire et j’ai fait ce que j’avais à faire sans le dire alors que j’aurais pu ne rien faire mais on me l’aurait dit, voilà, fallait que ce soit dit, reste à faire et que je n’ai rien à redire !
Ah si c’était à refaire…quelle affaire ces on-dit…
Bon c’est vrai j’ai un peu abusé de ma position de chef de chantier mais y’avait chantier ! On a bien bossé, je dis on car j’y étais aussi à donner les directives, et croyez-moi l’humain c’est pas facile à gérer.
D’abord un des ouvriers arrive avec un retard d’une heure sans aucun mot d’excuse, un autre est un peu fatigué, pour cause il sort d’un petit arrêt maladie, mal aux poignets qu’il dit qu’il avait, les deux autres, même pas rentrés dans le trou que déjà ils manigancent une petite balade dans les bois, et en plein milieu de la séance de désob alors que je m’éreinte la voix, ni vu ni connu, plus personne, partis balader nos deux compères. À un moment donné j’ai cru qu’ils allaient se plaindre de travailler un dimanche gratis, faudrait pas exagérer !
Vous l’aurez compris du coup y’a que moi qui ai bossé et en plus c’est qui qui me tape le compte rendu ? Le chef de chantier pardi !
Bref les travaux ont bien avancé.
Comme à chaque démarrage de chantier, au cul du camion y’a réunion, chocolatines et café, puis on passe au plan de prévention et analyse des risques , là tout le monde dort ! Hop hop hop réveil, briefing rapide sur le mode opératoire, et enfin le plus dur fût l’acheminement du matériel surtout lorsque c’est toi qui portes tout ! J’entends par « toi », moi bien sur !
STOP ! le chantier est momentanément arrêté, dans la préparation du matériel l’apprenti (en chantier c’est toujours la faute à l’apprenti) a oublié de prendre la corde de main courante d’accès.
Quoi faire ? Si on descend dans ce trou d’homme sans sécurité l’accident nous guette, sans compter l’inspection du travail qui nous surveille peut-être. Un chef d’équipe sauve la situation, dans sa panoplie d’EPI un bout d’une ficelle normée, Ouf … Un peu plus et ils faisaient demi-tour mes ouvriers pas payés.
Nous voilà à pied d’œuvre, je donne les consignes et l’équipe s’exécute, ça rechigne et ça sent la rébellion, mais je maîtrise la situation, les coups de massettes raisonnent (résonnent) et lorsque je sens une petite baisse j’octave, et j’octave fort comme un chef de chantier !
Après égalisation de la chape au sol, les cotes prises, on ouvre le mur presque porteur, la petite lucarne en bout du couloir laisse place à une immense ouverture prête à accueillir une baie vitrée, suivie derrière d’une marche palière de 3 mètres. En fond, malgré que l’on tienne debout la zone de travail, est étriquée, une impression de murs qui se resserrent comme des murs pas droits faits par l’apprenti, on franchit au plus bas pour arriver en haut de l’échelle, vous comprenez ? Non ? Cherchez pas, c’est que vous n’êtes pas du métier !
《Je rappelle en passant que selon l’article 4323-63 du code du travail, les travaux à l’échelle sont interdits.》
Après, dégagement des encombrants.
L’échelle fait profil d’escalier sur 3 bons mètres et là, c’est la CATA, le plancher est effondré avec 10 mètres de vide là-dessous, promis c’est pas moi, c’est tombé tout seul ! Sûrement l’apprenti qui a voulu faire du zèle.
En bon chef de chantier, j’inspecte, je sécurise et j’ordonne la fin des travaux pour aujourd’hui. Le repliement du chantier est rapide, Ah là oui pour partir ils vont vite les ouvriers ! Retour à la base de vie, je propose le coup à boire mais personne n’a soif, tout fout le camp si on peut même plus trinquer à la fin de la journée, y’a plus de respect du métier, à moins qu’ils en aient marre de leur chef de chantier ! !
Va falloir que je pense à une reconversion.
Ah oui j’oubliais, nos deux compères lors de leur grève syndicale, ils ont trouvé un autre chantier, alors qu’on se le dise si le bénévolat est fait pour vous, venez en faire votre affaire.
? ? Faire des pauses ? Faut pas exagérer non plus, vous voudriez pas qu’ils s’arrêtent pour manger aussi ?
Merci aux copains pour me supporter sous terre, l’exploration au 458 continue, sous nos pieds le méandre descend sur 10 m….
David



